Coronavirus: le Ghana devient le premier pays africain à lever le mot d’ordre de confinement

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Après trois semaines, le Ghana a levé le mot d’ordre de confinement mis en place par le gouvernement dans la lutte contre le coronavirus dans ses deux plus grandes villes, Accra et Kumasi le lundi 20 avril.
Le confinement des deux zones métropolitaines les plus touchées était en place depuis le 30 mars, 2020.

Les entreprises non essentielles seront désormais autorisées à ouvrir tandis que le port du masque est encouragé. Mais les grands rassemblements sont toujours interdits et les écoles resteront fermées.

Dans son septième discours à la nation depuis que les deux premiers cas ont été confirmés le 12 mars 2020, le président Nana Akufo-Addo a déclaré que sa décision était basée sur la « capacité du pays à entreprendre un traçage agressif des contacts des personnes infectées, le renforcement de notre capacité à tester, l’expansion du nombre de nos centres de traitement et d’isolement ». Le président a également déclaré qu’il était préoccupé par « l’impact grave sur les pauvres et les personnes vulnérables ».

Le Ghana est ainsi le premier pays d’Afrique à assouplir son confinement à un moment où d’autres comme le Zimbabwe et le Nigeria ont étendu le leur. La semaine dernière, un tribunal de grande instance a bloqué le confinement du Malawi quelques heures avant son entrée en vigueur en raison de craintes que la restriction de mouvement puisse causer plus de tort aux plus pauvres de la société que le virus.

Outre le confinement, le Ghana a placé les tests agressifs des cas suspects au centre de sa réponse aux coronavirus. “Nous avons, à ce jour, retrouvé quelque 86 000 contacts, parmi lesquels nous avons les résultats des tests de 68 591 contacts … Nous sommes classés numéro un en Afrique dans [l’administration] de tests par million de personnes”, a déclaré le président Akufo-Addo.

L’Afrique du Sud, qui compte deux fois et demi de population au Ghana, a effectué environ 100 000 tests. Une centaine de petits laboratoires répartis au Ghana, utilisés pour les tests de tuberculose, seront désormais équipés pour tester le COVID-19.

Des tests rigoureux au Ghana ont jusqu’à présent permis d’identifier 1 042 cas de coronavirus, avec neuf décès et 99 guérisons. Fin mars, lorsque le confinement est entré en vigueur, il n’avait été confirmé que 161 cas. Cette augmentation du nombre de cas présageait beaucoup l’annonce d’une prolongation du confinement, et non sa fin.

La gestion par le gouvernement du coronavirus a reçu un large soutien public et bipartisan. Cependant, cela pourrait changer car, pour la première fois, le principal parti d’opposition n’est plus favorable à la dernière action du gouvernement.

En misant sur sa capacité de test et d’isolement, le gouvernement a fait confiance au respect par le public des protocoles de distanciation sociale et d’hygiène pour surmonter la tempête du coronavirus.